Black Hole le bijou made in Strasbourg

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Camille Goutard a 26 ans, elle est artisan bijoutier à strasbourg. Sa boutique est située 11 rue Saint-Madeleine. www.blackholebrand.com

Camille, pourquoi Black Hole ?

« C’est un nom qui évoque l’espace et la science-fiction. Ça collait bien avec l’esthétique géométrique et minimaliste que je voulais développer dans mes créations. »

C’est ta formation de base ?

« J’ai radicalement changé de voie professionnelle. J’ai commencé par deux années en fac de cinéma. Puis j’ai fait une licence en design de mode, je me suis mise au bijou à ce moment-là. C’était un loisir.

Je n’ai jamais pris de cours. J’ai appris sur le tas : avec internet, des tutos sur YouTube, des forums (notamment sur un « bijoux à la cheville »). J’ai essayé d’acquérir des connaissances un peu partout.

J’étais d’abord dans un atelier d’artiste puis j’ai ouvert ma boutique il y a deux ans.  C’est une petite boutique mais je m’y plais beaucoup. Je peux directement exposer mes créations : tout est fait d’a à z ici : découpage, soudure, communication, vente etc… »

Où trouves-tu tes sources d’inspiration ?

« J’ai toujours aimé le design, l’architecture… Quand j’ai commencé le bijou, j’ai voulu faire des choses très géométriques. Je me suis inspirée de différents mouvements : art déco, architecture …Tout est source de créativité : un escalier, une chaise, un voyage … J’ai voyagé au Maroc dernièrement, cela m’a donné des idées pour ma collection par exemple. »

Un truc que tu aimes particulièrement dans la création de bijoux ?

« J’adore travailler l’argent massif, c’est souple, facile à souder. Et aussi créer des petites conceptions qui sont transportables et portables… C’est comme une mini architecture finalement ! »

Tu fais des collections femme. Une collection homme en vue ?

« J’ai de la demande homme surtout pendant les fêtes. Je n’en ai pas encore réalisé. Par contre, je conçois des projets personnels sur demande. Je réfléchis avec le client, je dessine des croquis. Donc je fais du bijou homme mais pas de collections dédiées pour l’instant. »

On peut venir avec n’importe quel projet ?

« Je ne travaille pas les volumes, je n’ai pas le matériel adéquat pour l’instant. Mon atelier est trop petit pour façonner de la fonte. Mais à terme, j’aimerais bien travailler d’autres matières …Et il y a quand même beaucoup de possibilités de créations même sans la fonte 😊 !

Comment fonctionnes-tu pour tes collections ?

Je crée les bijoux en un seul exemplaire et si on me demande une création je la refais. Il n’y a pas de pièces préétablies à l’avance. Ce sont des collections originales. Les gens aiment le côté artisanal, le fait d’avoir des pièces qu’on ne voit pas partout.

J’ai aussi une cliente qui adorait l’idée que je conçoive entièrement Black Hole : du dessin à la réalisation du bijou, jusqu’à la communication… Quelque part, ça rend le produit plus authentique car le processus de fabrication n’est pas passé par plusieurs mains. Je ne suis pas éloignée de mon produit final, c’est en cohérence avec ma personnalité.

Les personnes ont envie de consommer différemment, elles se posent des questions sur la provenance de leurs achats et préfèrent acheter un produit français : un produit qui a du sens.

Si tu pouvais ouvrir une boutique à Strasbourg ?

« Question difficile… J’adore la rue où je suis. Elle est chouette, on s’entend tous bien entre commerçants et artisans. On organise souvent des évènements. C’est très agréable, je ne pense pas pouvoir retrouver cette ambiance ailleurs. C’est sûr que j’aurais surement plus de visibilité dans l’hyper centre mais je crois que je n’arriverais pas à quitter cette rue. Je prendrais un local plus grand ici je crois. »

Ce que tu aimes à Strasbourg ?

« J’aime les salles de concerts, les lieux d’expositions, les échanges artistiques…Des lieux comme le Molodoï, la Semencerie ». Je viens de Toulon et quand je suis arrivée à Strasbourg pour les études, j’étais hallucinée par l’effervescence artistique qu’il y avait un peu partout dans la ville. Ici on se rencontre entre artistes et on se nourrit du travail des uns des autres. C’est une ville qui bouge, qui est étudiante : ça bouge tout le temps.

Un film ?

«Phantom of the Paradise , de Brian de Palma. C’est une comédie musicale version horrifique. C’est une relecture du fantôme de l’opéra mais très fun. C’est très coloré, fantastique, légèrement gore mais toujours loufoque… C’est un aspect de ma personnalité qui ne transparait pas forcement dans mes bijoux qui sont très géométriques. »

Tu aimes la mode aussi. Une boutique que tu aimes ?

« Pour les fringues, j’adore & Other Stories. J’aime leur design, ça me parle pas mal. Côté petite boutique, j’adore Mémé en Autriche, Le générateur, Lady Mistigri. Ils proposent des choses qu’on ne trouve pas ailleurs. »

Une musique ?

« Une musique que j’aime beaucoup parce que ma maman me l’a chantée. C’est une chanson farfelue : Le Fil à la patte du caméléon de Jacques Higelin. Je ne suis pas musique française mais celle-là est fun. »

Si tu aimes les bijoux simples et épurés on te conseille d’aller y faire un tour. En plus de proposer de chouettes bijoux, Camille est adorable. 

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