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La suralcoolisation trinque sur la voie publique


La suralcoolisation trinque sur la voie publique


Au mur du rayon boissons d'une supérette de la Grand-Rue, une affichette prévient : "Avec l'arrivée des températures printanières, nous constatons l'augmentation d'une clientèle fortement alcoolisée à la recherche de bières à haute teneur en alcool et produisant des nuisances dans et autour du magasin. En conséquence, nous avons décidé qu'à partir du 1er mai nous cesserons la vente de bières en boîte de 50 cl avec un taux d'alcool supérieur ou égal à 7 %/vol."

 Expérimentale, la mesure a été prise en accord avec la mairie, explique une employée de la supérette. Son but : lutter contre les regroupements de "marginaux" consommant des bières fortes et bon marché en plein cœur de cette artère très commerçante de Strasbourg. Depuis son instauration dans deux commerces, ce retrait des rayons "porte ses fruits par rapport à un  problème d'attroupement", avance Olivier Bitz, l'adjoint (PS) en charge de la sécurité qui envisage déjà d'étendre l'expérience à d'autres quartiers.

 "Je continue la vente de bières fortes car la mairie ne m'a pas contacté", raconte un épicier de la Grand-Rue tout en déplorant des nuisances dans le secteur à cause de personnes en état d'ivresse. "Certains viennent pisser dernière mon magasin. Ça pue, c'est dégueulasse", lâche-t-il. "Depuis le début de l'expérimentation, c'est mieux, dans la rue mais cela ne fait que déplacer le problème de ces groupes alcoolisés dans d'autres quartiers", soulève une autre commerçante. Selon Olivier Bitz, au contraire, "aucun mouvement" des publics visés n'aurait été constaté. Ils auraient donc disparu ?

 Un pack d'actions

L'élu Olivier Bitz le concède, "comme d'autres grandes villes", Strasbourg a souffert ces dernières années d'un pic de suralcoolisation. Pour y pallier, un arrêté municipal interdisant la consommation d'alcool sur la voie publique dans l'ellipse insulaire, c'est-à-dire dans le centre de l'agglomération, a été promulgué il y a un an. Depuis janvier, une quarantaine de contrevenants ont d'ailleurs été verbalisés. Parallèlement, une équipe de médiateurs a été montée pour sensibiliser les noctambules aux problématiques de l'alcool, mais aussi des nuisances et du "mieux vivre-ensemble".


        "Nous ne voulons pas tuer la nuit, mais trouver un juste équilibre entre les animations dans la ville et la qualité de vie des riverains", se justifie Olivier Bitz, mettant en avant la création d'une Charte de la vie nocturne et d'une commission dédiée en lien avec les professionnels. "Dans le cadre de cette Charte, nous invitons d'ailleurs les gérants et responsables des établissements de nuit à nous appeler en cas de problèmes, précise Jean-François Illy, le directeur de la sûreté publique du Bas-Rhin. Nous menons également en moyenne deux opérations de contrôle par semaine dans les débits de boissons. Quatre à six établissements sont concernés par nuit afin d'obliger les consommateurs à veiller au respect mutuel. Nous sommes très vigilants par rapport aux comportements liés à l'alcoolémie", comprendre aux violences et accidents de la route qui peuvent en découler. Selon lui, ces actions policières ciblées contribuent à la baisse de 25 % des faits de délinquance dans le centre de Strasbourg ces derniers mois.

Caméras et capteurs sonores
        
Afin de lutter contre les dégâts collatéraux de l'alcool, la police strasbourgeoise peut compter notamment sur le dispositif de vidéosurveillance déployé dans la ville depuis une dizaine d'années. Aux quelque 330 caméras déjà installées, la ville vient d'en ajouter trois rue du Maréchal-Juin ainsi que places d'Austerlitz et de Zurich. Elles visent à suivre le cheminement des fêtards gagnant le quartier de la Krutenau pour des afters, précise Olivier Bitz. "D'ici à la fin de l'année, nous voulons aussi tester des capteurs sonores", ajoute l'élu. Au nombre de trois ou quatre, ces instruments mesureront, non pas les conversations, mais les décibels générés par les noctambules. Au-dessus d'un seuil non encore précisé, les forces de l'ordre seront alertées de ces nuisances afin de leur permettre d'intervenir plus rapidement.


Philippe WENDLING
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