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Fabienne Keller livre une analyse de son parcours

Par Philippe Wendling
Un témoignage, une introspection analytique, un journal intime rédigé à quatre mains ou plus trivialement un outil de communication politique ? Fabienne Keller vient de publier « Nouveaux horizons pour Strasbourg, ma vie, ma ville » (éd. La Nuée Bleue, 190 pages, 15 €). Présenté sous la forme d’un entretien avec Brigitte Alliel, une amie prof de lettres, l’ouvrage revient sur les vingt ans de carrière politique de l’ex-édile UMP. Ses objectifs : relater son « aventure passionnante » à la tête de la mairie, « réfléchir à [son] parcours politique et à [sa] prédilection pour Strasbourg », « donner à d’autres le goût de la chose publique, du bien commun ».







« Une vie presque monastique »

A travers des souvenirs de sa jeunesse à Sélestat, de ses vacances aux Baléares, de ses études à polytechnique…, Fabienne Keller a choisi de débuter son ouvrage par une partie personnelle. Sans tomber dans le pathos ou le syndrome « Martine à la plage », la quinquagénaire livre un peu de son intimité. Elle évoque, chose assez rare, ses relations avec ses enfants qu’elle a toujours protégés des retombées de son engagement à droite. Son mandat de maire, explique-t-elle, l’a empêché de beaucoup de les voir, l’a contraint à faire une croix sur sa vie privée : « Une vie presque monastique ! C’est la règle que je m’étais imposée », écrit-elle. Des regrets ? Des remords ? Oui, un peu, semble-t-il. Sur son comportement autoritaire de l’époque, énormément. 

Dans les couloirs du centre administratif de la CUS, les critiques allaient bon train sur ses sauts d’humeur ou sa propension à ne jamais rien déléguer ou presque à ses collaborateurs. L’opposition socialiste lui reprochait un manque de concertation. « L’impatience m’a parfois conduit à négliger le dialogue, le partage des idées et des projets, la communication avec les Strasbourgeois. (…) Je réalise aujourd’hui que donner du sens, expliquer, est prioritaire aussi dans une mission de maire », souligne celle qui aime à se définir comme « centriste et humaniste ». 

« L’autopsie d’un échec »

« Alors même que j’aime le contact, la rencontre, le débat, je n’y ai pas consacré de temps », poursuit Fabienne Keller, tout en clamant que désormais elle a changé. Elle a appris de ses erreurs, du passé, de sa défaite aux municipales de 2008 face au socialiste Roland Ries. Comme elle le rappelle, au moment du scrutin, la popularité de son chef de file Nicolas Sarkozy avait déjà baissé dans les sondages à la suite du rapport Attali. L’UMP perdait de sa superbe neuf mois à peine après les Présidentielles. Le climat national n’était pas des plus favorables à sa réélection à la mairie, d’autant plus, qu’au plan local elle souffrait aussi d’un désaveu de ses électeurs : « Il ne faut pas se voiler la face, il s’agit de mon échec à moi : j’étais capitaine à bord. Et les électeurs ont sanctionné plus les personnes que le projet. » C’est-à-dire elle mais aussi Robert Grossmann.

Après leur victoire contre Catherine Trautmann en mars 2001, le duo s’était vite réparti les tâches. A Fabienne, la mairie, les projets de transport, de rénovation urbaine ; à Robert, la présidence de la CUS et les dossiers culturels. Problème, leur tandem a déraillé au fil du mandat. Leur divorce, pressenti depuis un moment, avait été officialisé dès l’entre-deux tours des Municipales de 2008. Robert Grossmann « est un homme expérimenté, impressionnant par sa connaissance de Strasbourg. Ce personnage entier, excessivement sensible, n’a pas toujours été très tendre avec moi, déplore Fabienne Keller. C’est un homme d’un bloc, passionné, parfois colérique… Et moi, j’ai aussi mon caractère. » Aujourd’hui, les deux ex-concubins politiques occupent, avec leur groupe respectif, des bancs différents dans le camp de l’opposition. Mais leurs relations se sont apaisées, avance l’ex-édile.

Une opération séduction ?

Si Fabienne Keller martèle donc qu’elle a changé son comportement, elle concède aussi qu’elle a modifié son look. Nouvelle coiffure et vêtements plus tendance que durant son mandat. A l’époque sa « garde-robe était maussade, admet-elle. Certes j’aurais pu faire plus d’efforts, mais je n’étais pas dans une démarche de séduction. » Le serait-elle aujourd’hui ? La sortie de son livre à un an des prochaines municipales ne serait-elle que coïncidence ? Si depuis plusieurs mois, Fabienne Keller dit « être prête » à repartir en campagne, sa candidature n’a pas encore été officialisée. L’ouvrage, se défend-t-elle, n’a rien à voir avec cela. Elle avait commencé sa rédaction en 2008 avant d’être « bloquée » et de remiser ses feuillets dans un tiroir. C’est sa rencontre, depuis, avec Brigitte Alliel qui lui a donné l’envie et le courage de s’y remettre. « Ce n’est pas un livre-programme, dixit Fabienne Keller mais une façon de prendre du recul. » Du recul, malheureusement, son intervieweuse en manque parfois dans ses questions. Etant son amie, elle semble hésiter à rebondir sur ses réponses, à approfondir certaines thématiques au risque de tomber dans la complaisance.


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