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Justice : Meurtre passionnel à Mulhouse

Philippe Wendling
« Si je ne pars pas, vous allez me retrouver les pieds devant », écrivait Jacqueline Partouche, le 8 août 2011, lors d’une conversation sur Facebook avec sa belle-sœur. Un mois plus tard, le 7 septembre, en fin d’après-midi, sa dépouille était retrouvée sur le palier de son appartement du 1, rue des Vergers à Mulhouse. A l’arrivée des secours, la jeune femme de 34 ans avait succombé à une hémorragie massive consécutive à sept coups de couteau. Quelques mètres plus loin, mais toujours vivant, son mari Henri gisait, lui aussi, dans le sang. Au cours d’une énième dispute, dont furent témoins leurs deux filles de 8 et 13 ans, l’homme venait de poignarder son épouse avant de retourner l’arme contre lui. Jugé depuis ce mardi par la cour d’assises du Haut-Rhin, à Colmar, l’homme reconnait être passé à l’acte pour que sa femme ne le quitte pas.

Un accusé peu loquace 

Avant de s’établir en Alsace, le couple a vécu en Israël où il s’était rencontré en 1995 durant le service militaire de Jacqueline. Dans une lettre à sa mère, la jeune femme, alors âgée de 18 ans, racontait qu’Henri était l’homme de sa vie. « Jamais je ne me suis sentie aussi bien que depuis que je suis avec lui. Il est beau de l’extérieur et de l’intérieur. » Des sentiments réciproques ? « Elle était belle. C’est elle qui était attirée par moi », dit, sans grande émotion, Henri.

Du haut de ses 1,85 m, l’homme est peu bavard. Aux interrogations de la présidente de la cour d’assises, de l’avocat général ou des conseils des parties civiles, il répond essentiellement qu’il ne se souvient plus, qu’il ne sait pas. Il semble aussi, parfois, faire mine de ne pas comprendre ce qu’on lui demande. Bien qu’ayant vécu plusieurs années dans le Haut-Rhin, il se défend en prétextant ne pas bien parler le français (ce que réfutent certains de ses proches). Pour autant, lorsque les questions lui sont traduites en hébreu, l’homme n’est pas beaucoup plus prolixe. Un comportement étrange, alors que selon l’une de ses anciennes collègues au sein de l’entreprise agroalimentaire Poulaillon, Henri était au boulot plutôt quelqu’un de « gai, qui passait son temps à rire, à faire des plaisanteries ». Du moins jusqu’à quelques semaines ou mois avant de tuer Jacqueline, une femme très connue à Mulhouse pour coordonner les manifestations du Téléthon.

Un drame de la séparation

Selon divers témoignages, les disputes étaient fréquentes chez les Partouche, qui avaient déjà divorcé en 2008, avant de finalement se remarier. Henri reprochait, à l’époque, à Jacqueline d’entretenir une liaison avec un autre homme. Problème, en 2011, après avoir découvert que son épouse le trompe à nouveau, elle lui annonce son intention de se séparer pour de bon. « J’aimais ma femme », clame-t-il en expliquant lui avoir dit que si elle partait, il se suiciderait. Une menace qu’il mettra à exécution, en juillet, en avalant une surdose de médicaments avec de l’alcool. L’homme préférait mourir plutôt que de vivre sans ses filles, essaye-t-il de faire comprendre. Confiées à leurs grands-parents, elles vivent aujourd’hui en Israël sans aucun de leurs deux parents. « Etes-vous fier de la vie que vont avoir vos filles maintenant ? », lui lance Pascal Créhange, l’avocat de la famille de Jacqueline. « Je ne sais pas », ânonne, en guise de seule réponse, Henri Partouche.

Un mari violent ?

Depuis un licenciement en 2008 et sa première séparation avec Jacqueline, Henri s’était mis à boire « du whisky » pour noyer ses soucis. Problème, quand il a bu, il admet faire « des choses pas bien. Par exemple, je casse tout à la maison ». Le quadragénaire a aussi la main leste. Un jour, lors d’un repas, « parce qu’elle ne voulait pas finir de manger », il avait frappé l’une de ses filles entrainant son visage dans son assiette. 

« Henri avait aussi déjà menacé Jacqueline avec un couteau et lui avait cassé les côtes. Elle disait qu’elle ne pouvait pas continuer à vivre comme ça », avance Audrey, sa belle-sœur, en se basant sur des propos échangés via Facebook en août 2011 ainsi que d’autres lors d’un repas deux jours avant le meurtre. Elle lui aurait, notamment, déclaré : « L’amour s’est transformé en haine, le désir en dégoût. Je refuse de vivre un homme dont j’ai peur. » Selon elle, Jacqueline était devenue « l’objet » d’Henri. Ce dernier, complétement obsédé par la crainte d’un divorce, aurait d’ailleurs répété à plusieurs reprises au sujet de son épouse : « Tu m’appartiens, je ne te laisserai pas me quitter. » 

A la barre des assises, l’ex-chef d’équipe d’Henri chez Poulaillon raconte que l’accusé lui avait lancé, deux mois avec le meurtre, que « si on lui enlevait ses enfants, il planterait tout le monde ». Le matin même du drame, l’accusé lui avait aussi demandé s’il avait « un bon avocat » à lui conseiller. Prévoyait-il sa défense dans le cadre du meurtre quelques heures plus tard de son épouse ? Non, avance-t-il. Il voulait juste être conseillé dans la perspective de son futur divorce. Si la préméditation n’a pas été retenue, au profit du crime passionnel, le doute plane. Henri Partouche encourt la réclusion à perpétuité. Verdict jeudi soir. 

Philippe Wendling
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