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La fin des Raves

La fin des Raves

Underground - Gaspard GLANZ
!!!   Les drogues sont dangeureuses pour la santé. Ne pas consommer. 
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L'utopie s'est évaporée dans les vapeurs psychédéliques. Fini d'aller teufer dans les champs, de regarder les lever de soleils en mangeant des champignons pour voir des scènes du film Apocalypse Now dans les nuages. La vague a déferlé depuis les pays de l'Est et a finit par se noyer dans l'océan atlantique, refluant
quelque peu sur la Bretagne. L'actualité n'est plus à la chasse aux sons, du côté des autorités non plus. Les hélicoptères de la gendarmerie ne survolent plus les pistes d'aéroports envahis par des cametards d'où s'échappent les rythmes d'une musique cosmo-cardiaque. Ne reste souvent que les plus téméraires pour s'affranchir de la fin d'une époque, d'une culture underground. RIP Free-Party : 1985-2010.


Est-ce parce que le monde lui-même est devenu encore plus étrange que les Teknival, que ceux-ci ce sont arrêtés ? La déferlante populaire de la fin des années 2000 dans les raves organisées a fini par achever la bête déjà affaiblie par la remise en question d'un modèle en exploration permanente. Ne mentons pas, les free-party avaient ce côté psychédélique qui n'était plus apparu depuis le Summer of Love. Ouvrir des portes, explorer les sens, ressentir des sensations inconnues, danser dans une transe chimique pendant des heures… Tout ces poèmes n'avaient pas été chanté depuis les années 1970. Il y avait dans la contre-culture des free quelque chose qui allait encore plus loin que dans la culture Rock. Une version "2001, L'odyssée de l'Espace" des utopies de Timothy Learry. On aurait dit qu'un Teknival aurait très bien pu avoir lieu dans 100 ans, sur la planète Mars. Post-moderniste plutôt que babacool. Les teufeurs étaient les Hell's Angels en camion des années 2000. Travelers. Voyageant au gré du tempo de leurs samplers, suivant les grandes migrations estivales de la faune rythmique, utilisant à profusion l'auto-gestion et l'anarco-camping, ils ont démontré la fin des frontières par la musique.


BadTrips

Le vent à commencé à tourner quand des âmes non préparées à ce voyage se sont approchées de trop près. Tous les voisins apeurés par le bruit, les maires enhardis par cette déviance manifeste, les policiers municipaux déstabilisés par l'étrange euphorie des teknivaliers, les adolescents trop jeunes pour pareille décadence, les parents terrifiés, les dealers de drogue frelatée. Lorsque la free est devenue Teknival, par la force du nombre et par la pression du monde réel, la mayonnaise s'est mise à tourner. Des barrières ont été érigées autour des tekos, des casernes entières de CRS sont venus prêter main forte à la vindicte populaire, et Sarkozy alors ministre de l'intérieur, en a fait un de ses chevaux de bataille. La masse a noyé l'autogestion et il y a eu des morts, des overdoses, des délires glauques et un paquet de BadTrips. La beauté de la 7e dimension s'est vue entachée d'exagération, d'envies d'extrême, de pulsions hypertrophiées. Le message était brouillé.


Les Caligula du Hardcore

La free-party avait la convivialité d'un techno-barbecue dans un champ. Le Teknival avait plutôt l'air d'un festival classique, la créativité démente des oeuvres artistiques et du public en plus. On y parlait plus le même langage. Les casernes désaffectées, les aéroports de province, les catacombes ont remplacé les champs et les clairières. La police était partout, tranchant les permis de conduire à la chaîne, canalisant les flots humains selon leurs critères, annihilant totalement l'aspect libertaire originel. Perdus ? Beaucoup l'ont été après avoir voulu aller trop loin, s'entêtant dans l'excès de drogues, fuyant leurs vies à la lumière des piles d'enceintes. Les Teknivals ont tué la free-party. Individualisant. Rendant rustre la relation à l'autre, tourné vers sa meilleure amie l'enceinte, quand ce n'est pas la pilule ou la ligne. La drogue était un outil pour écouter la musique de free-party, elle est devenue une nécessité homogamique pour le teknivalier. Décadence. Certains se sont auto-proclamés les Caligula du Hardcore, allant tellement loin qu'il n'en reste déjà plus beaucoup pour témoigner.


Panne de créativité

Les véritables Raves sont aujourd'hui un mythe. Ceux qui parcourent des centaines de kilomètres pour aller teufer dans des endroits reculés sont les ultimes nostalgiques d'une époque révolue en France et autour. Chacun doit décider s'il faut s'attrister ou nom d'une pareil défection à un mouvement déjà presque trentenaire. Ce qui est sûr, c'est qu'aucune autre contre-culture n'est venue pour l'instant remplacer la défunte RaveWave. Panne de créativité.

 

Gaspard GLANZ




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bien d'accord avec le vic, la free party n'est pas morte, les "nostalgiques", comme tu dis, gaspard, sont encore bien nombreux ! certes, l'on croise nombre de déchets, comme partout, les choses changent, et tant mieux, mais la créativité reste, les musiciens poussent sans cesse plus loin les limites sonores et technique, et la joie de vivre reste là !

1# Par ArchiV, le 09 sept 2010 à 19h05

Y'a du vrai et du faux dans ce que tu dis...Les free ne sont pas mortes, on savoure toujours un bon levé de soleil et un jolie coin de nature. Les tekos par contre, oui, et c'est temps-mieux, car un tekos ça sert à rien : bouille sonore dû à l'eternel concours de "c'est qui qu'a le plus gros mur", manque de convivialité car tout le monde est dispersé, excès en tous genre, impacte écologique due à l'irresponsabilité et l'irrespect de toute cette masse...On se replie donc maintenant sur des petites frees locales, ou bien sur des multisons à echelle inter-régionale. De plus en plus, ces dernière sont légales, ce qui permet de ne pas ruiner le champs du pépé du coin, ni de jouer au chat et à la souris avec la police, avec risque de devoir rebrousser chemin (ça fait mal quand on a roulé 150 bornes). On peut donc noter qu'il y'a un effort de l'état en notre faveur !

D'ailleurs pour moi, ce n'est pas l'état qui a tué la teuf, mais les teufeurs eux même. Avant, les gens qu'on y croisait s'était des gens en quête d'aventure, de partage et de découverte, bref des gens ouverts d'esprit. Maintenant, c'est tout l'inverse, les gens se renferment entre habitués, c'est "harcore jusqu'a la mort" "la teuf et rien d'autre" ...les discussion interminables sur la forme des nuages ont été remplacé par un très chaleureux "t'as pas des prod ?" ou encore "j'ai fait plus de teufs que toi".

Mais je suppose que c'est la logique évolution d'un mouvement qui vieilli: en fin de compte, après 15 ans d'existance, c'est normal de croiser que des teufeurs en teuf, ceux qui avaient soif de nouveauté et de découverte, y'a bien longtemps qu'ils ont choisi leur camp.

2# Par vicProut, le 09 sept 2010 à 18h33

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