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Medi ou l'électisme

Musique - Mounir Belhidaoui
A 31 ans, Medi révolutionne un genre musical qu'on qualifiait comme étant en déclin : la soul. Héritier d'une soul romantique, d'un rock nostalgique, Mehdi Parisot de son vrai nom nous donne un coup de fouet artistique avec You got me (movin'), son tout dernier opus. L'ancien batteur de Charlie Winston et leader du « Medi and the Medicine show » nous chante que non, la soul-funk-rock n'est pas morte, et qu'on peut vivre son métier en donnant du plaisir à nos oreilles esthètes. De Paris à Los Angeles, en passant par Londres et Strasbourg, il raconte, pour StrasTV, ses goûts, ses attentes, ses envies, ses origines et ses ambitions.

StrasTV : On peut sentir dans votre voix et dans votre gestuelle l'univers très soul propre aux années 60 et ses Aretha Franklin, Wilson Pickett, Otis Redding. Est-ce que vous voulez faire renaître ce mouvement, le perpétuer ?
Medi
: Alors si je le fais, c'est sans trop y penser. Je suis très influencé par des choses que j'ai écouté. En règle générale, la musique c'est des sons que tu as ingurgités, des mots qui s'ajoutent sur des notes. Ils s'installent en toi, et puis ressortent sous forme de mélodies. Donc oui, Otis Redding, Stevie Wonder et plein d'autres, la Motown (maison de disques soul connue pour avoir repérée les Jackson 5, Stevie Wonder, ...). Je suis aussi un grand fan de la musique rock des années 70, comme Led Zeppelin, de la pop façon Blur ... Voilà je suis quelqu'un de très éclectique, et il y a des notions de toutes ces musiques qui vont se retrouver dans la mienne, sans faire de pastiches, de plagiats, ce qui me fait très peur et est assez horrible. Donc je prends les ingrédients, ce qui se dégage des autres musiques pour construire mon propre univers.


« Je n'ai aucun mal à écouter des "vieilles" choses que j'ai pu faire par le passé en y émettant des critiques »


StrasTV : Craignez-vous que votre genre musical ne soit pas apprécié, pas reconnu en France ?
Medi : Non, parce que je ne suis pas quelqu'un qui aborde les choses avec anxiété, marchant plutôt à l'instinct. Je suis plutôt du genre "je fais, puis on voit". Ça peut même se voir dans ma façon d'écrire. Je n'ai aucun mal à écouter des "vieilles" choses que j'ai pu faire par le passé en y émettant des critiques. Je ne ferme jamais mon champ de vision sur un pays, je peux très bien aller dans une salle de concert en Bulgarie et prendre tout autant mon pied, parce que le public s'éclatera de la même manière qu'en France ou ailleurs. Je ne cherche pas à faire accepter mon domaine, mon genre, je propose juste ma sauce.

StrasTV : Vous voyagez beaucoup aux États-Unis, en France, en Angleterre. Faut-il partir, s'éloigner de ses racines pour trouver l'inspiration ?
Medi : Oui. Je ne dissocie pas la musique de la vie. Comme un mec qui a son BAC, avant de savoir ce qu'il veut faire de sa vie, il faudra qu'il parte, qu'il rencontre des gens qui ne parlent pas la même langue, qui n'ont pas la même culture. Donc moi, après plusieurs voyages, je reviens vers ce que je connaissais déjà un peu.


« La musique et la vie sont deux choses qui ne font qu'une. »


StrasTV : Vous abordez souvent les thèmes de l'amour, de la nostalgie, de la déception. Est-ce que ça part d'expériences vécues ?

Medi : Oui, forcément, c'est forcément autobiographique, mais à petite dose. Je me sers beaucoup pour mes chansons de ce que je vois, de ce que j'entends. Pour la chanson "I know what you did", c'est parti d'une dispute que j'avais entendu à Londres et j'entendais un mec qui répétait à sa femme qu'il savait ce qu'elle avait fait, et ça m'a donné envie d'écrire une chanson. C'est pour ça, je le redis, que la musique et la vie sont pour moi deux choses qui ne font qu'une. C'est pour ça aussi que j'aime la musique "black", c'est une musique spirituelle, très profonde, très recherchée, avec des choses qui nous échappent.

StrasTV : Vous avez réalisé votre album à Los Angeles, sur la console où John Lennon avait réalisé, il y a longtemps, "Mind Games". Est-ce que son âme rodait autour de vous ?
Medi : Je l'ai d'abord pris comme ça, oui, pour, ensuite la mettre de côté, cette histoire, parce que ce qu'il faut savoir, c'est qu'il n'y a pas eu que John Lennon qui avait travaillé sur cette console, mais aussi Bruce Springsteen, David Bowie, les Stones qui avaient fait des albums sur cette table. Du coup, je me suis un peu écarté de tous ces gens-là, étant entendu qu'ils font partie de l'histoire de la musique. Cette évidence, je le sentais, allait me bloquer. Mais après, c'est intéressant, je pense souvent à d'autres quand je vais chanter. Alors ça peut être ces grands artistes comme d'autres musiciens, ou même des acteurs, des amis...



« J'espère pour Ben l'Oncle Soul qu'il va continuer sur sa lancée et qu'il va se sortir de l'image soul »


StrasTV : Dans le clip "How would you do it", vous n'aviez pas peur de tomber de la péniche sur laquelle vous dansiez ?
Medi : Si ! (Rires) C'est d'ailleurs ma mère qui m'a appelé quand elle a vu le clip et qui m'a dit : "Mais tu es complètement fou, tu aurais pu tomber, fais attention !", alors que le propriétaire de la péniche, lui, avait plus peur que je l'abime que de me voir tomber !

StrasTV
: On va parler d'un autre artiste qui est un peu aussi dans cette mouvance soul, à savoir Ben l'Oncle Soul. Alors, Medi avec Ben l'Oncle Soul ou Medi VS Ben l'Oncle Soul ?
Medi : Alors ... Ben l'Oncle Soul et n'importe quel musicien qui fait son truc comme il a envie de le faire, sans pour autant dire qu'on fasse la même musique lui et moi car la démarche est radicalement différente. Mais après je trouve ça cool, mais je ne suis pas du genre à aller acheter ce genre d'albums, parce que c'est juste pas ça que j'irai écouter. Je me souviens avoir écouté des reprises qu'il avait fait, j'ai trouvé ça vraiment bien. Je ne dirai jamais que je ferai de la soul, je ne pourrai pas me mettre une étiquette avant que le public ne le fasse lui-même. J'espère pour Ben l'Oncle Soul qu'il va continuer sur sa lancée et qu'il va se sortir de l'image soul, car ce n'est pas très intéressant. C'est un bon musicien qui peut faire plein de super trucs, mais j'espère qu'il arrivera à sortir de cette étiquette. Après 3 ou 4 ans, si il voudra se convertir, il deviendra Ben l'Oncle Electro ou Ben l'Oncle Rock ?

StrasTV : Des projets pour la suite ?

Medi : J'alternerai dans un autre répertoire je pense. Je suis un musicien qui explore, qui est très curieux, qui veut essayer, tenter des choses nouvelles. J'espère, donc, que j'aurai plus d'une idée à développer dans ma vie. Si il faut passer par l'electro, je le ferai, par le rock, je le ferai. Je suis très éclectique et adore voir d'autres choses.


Propos recueillis par Mounir Belhidaoui





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Bel artiste ! Bonne musique !

1# Par caro-lyne, le 12 mai 2011 à 18h26

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