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Polar : Quand Jules Meyer rencontre Saint-Exupéry à Strasbourg

Philippe Wendling

Mai 1921 : le jeune détective privé Jules Meyer est appelé à la rescousse dans la vallée de Munster à la suite d’une étrange série de rapines. Plusieurs maisons, dont les portes sont restées closes, ont été visitées. Le ou les malfaiteurs n’ont pas dérobé de bijoux ou d’argent, mais de la nourriture et des livres. Plus mystérieux encore, ces ouvrages, principalement des romans, sont retrouvés quelques jours après leur vol sur les lieux de nouveaux cambriolages. Simultanément à ces faits, le cadavre d’un journalier agricole est découvert sur un chemin du Braunkopf, à Metzeral. L’homme, visiblement égorgé, porte des stigmates laissant penser à l’attaque d’un loup. Problème, l’animal a disparu de la région depuis treize ans… Suspense.

 

Intrigue oblige, il est difficile de dévoiler plus le pitch de « Dessine-moi un loup »* (Le Verger éditeur), le troisième roman policier de Jacques Fortier. Seul indice supplémentaire, le journaliste des DNA et correspond du Monde s’est joué de l’histoire pour intégrer dans son polar un guest de renom : Antoine de Saint-Exupéry. Au cours de ses pérégrinations, son héros Jules Meyer va, en effet, se lier d’amitié avec l’auteur de « Vol de nuit » et du « Petit Prince » après une rencontre fortuite dans une brasserie strasbourgeoise. 

 

Mélanger fiction et réalité historique
 

Impossible, pensez-vous ? Que nenni ! « Saint-Exupéry a véritablement fait son service militaire à Strasbourg, d’avril à juillet 1921, raconte Jacques Fortier. Il était alors mécanicien au sein du 2e régiment d’aviation basé à l’aérodrome du Polygone. C’est à cette époque que Saint-Ex a appris à voler et il est même avéré qu’il y a effectué son premier vol aux commandes, le 9 juillet 1921. » Ce dernier a d’ailleurs mal tourné, l’apprenti pilote ratant sa première tentative d’atterrissage. 

 

Pas très à l’aise à la caserne, Saint-Exupéry louait une chambre rue du 22-Novembre, non loin de l’actuel cinéma Star qui porte son nom en hommage. « On ne sait pas grand-chose sur la façon dont il occupait ses jours à cette époque-là. Il en parle à peine dans douze lettres envoyées de Strasbourg à sa mère, sa sœur Gabrielle et l’un de ses amis », précise Jacques Fortier. Facile dès lors pour lui d’imaginer qu’il aurait pu nouer une relation avec Jules Meyer, un détective, lui, purement fictif). « Ils ont une vingtaine d’années tous les deux en 1921 donc oui ils auraient pu se côtoyer », argue l’auteur dont le but n’est autre que « de mélanger de façon ludique une intrigue policière avec l’histoire de l’Alsace ». 

 

Dans son premier opus, « Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Kœnigsbourg », Fortier mettait ainsi en scène le célèbre personnage de Sir Conan Doyle au cœur de la sentinelle alsacienne. Dans le second, « Quinze jours en rouge », son jeune Jules enquêtait sur un meurtre à Strasbourg en novembre 1918, période durant laquelle des conseils d'ouvriers et de soldats se formèrent et que le socialiste Jacques Peirotes fut élu maire de la ville. Des drapeaux rouges flottaient alors à travers la ville.

 

Jacques Fortier présente et dédicace son ouvrage « Dessine-moi un loup », ce mardi 1er octobre, à 18h45, à la librairie Quai des Brumes, 120, Grand-Rue. 

 

*216 pages, 10 €, coll. Les enquêtes rhénanes, Le Verger éditeur, Barr, 2013.

 

Philippe Wendling

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