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Référendum : pour ou contre un Conseil unique ?

Philippe Wendling
Le 7 avril prochain, les Alsaciens sont invités à se prononcer sur la fusion des conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin avec la région. Porté par l’ancien ministre des Collectivités territoriales, l’UMP Philippe Richert, le projet vise à offrir plus « d’unité, d’efficacité et de proximité » au nouveau conseil unique. Celui-ci disposera des prérogatives actuelles des trois collectivités ainsi que de nouvelles grâce à un transfert de compétences de l'État. En cas de victoire du « oui » lors du référendum, et sous réserve que le taux de 25 % des inscrits soit atteint, le conseil unique d’Alsace pourrait voir le jour dès 2014. Un mois avant de passer dans l’isoloir, StrasTV.com vous présente les avis de quelques politiques, syndicalistes et militants associatifs alsaciens afin que vous puissiez vous faire votre propre opinion.
 
Des « pour »
 
Philippe Richert (UMP) : « Nous serons plus efficaces, comme dans le Bade-Wurtemberg. Ils l’ont fait eux en 1952. Il y a 60 ans. Aujourd’hui, nous ouvrons un nouveau temps de la décentralisation et d’autres grandes régions de France regardent de façon très attentive ce qui se passe en Alsace, car on sait très bien que c’est la voix de la raison et de l’ambition pour notre territoire et pour la République. »
 



Alain Jund votera "oui, mais un autre oui que celui de l'UMP"


François Loos (UDI) : « Tout va être plus simple. Il y aura un seul interlocuteur, une seule vision, moins de perte de temps, des tas d’économies qui seront utiles pour tous. C’est une chance historique. On n’a jamais eu ça dans l’histoire de déterminer l’institution dans laquelle on se sent le mieux. Cette organisation doit être la plus simple possible. Ce qu’on fait aujourd’hui, c’est réduire les deux conseils généraux et le conseil régional en une seule collectivité au lieu de trois. Il n’y en a plus qu’une, c’est plus simple. »
 


Fabienne Keller milite pour la création d'un conseil unique, vecteur, selon elle, d'économies pour le territoire alsacien.

Frédéric Le Jehan (MoDem) : « La fusion des trois collectivités et de leurs administrations renforcera l’efficacité et l’efficience des politiques publiques. Les économies d'échelle sont évidentes, à défaut d'être immédiates. Et on aurait tort de les réduire à la question simpliste du nombre d'élus. Le partage des compétences actuel s'avère parfois contre-productif. Il conduit notamment à distinguer la gestion des bâtiments des collèges, confiée au département, et celle des lycées, domaine de la région, alors que les métiers qui y concourent sont identiques. De même, trop souvent, les missions de développement et de formation relevant de la Région s'opposent à celles de la solidarité ou de l'insertion dépendant des conseils généraux. Or ces actions doivent logiquement s'exercer de concert. »
 
Yann Wehrling (MoDem) : « Le Mouvement démocrate d’Alsace rappelle son ferme soutien au projet de fusion des trois grandes collectivités d'Alsace et se réjouit de l'introduction d'une séparation entre présidence de l'exécutif et de l'assemblée, premier pas vers un véritable équilibre des pouvoirs au sein des collectivités territoriales françaises (dans lesquelles aujourd'hui une seule personne, Maire ou Président, cumule de facto la direction des fonctions "délibérative" et "exécutive"). »
 
Cédric Deverchere (Association Strasbourg 2.0) : « Cette collectivité est une chance unique pour Strasbourg, siège de la future collectivité, de voir ses capacités d'action étendues. Cette vocation correspond à l’ambition démocrate, européenne et durable de notre association.  Elle doit permettre de rapprocher le citoyen des décisions politiques et de la gestion des territoires, par la création d’une collectivité régionale plus lisible, plus réactive et aux moyens étendus. Nous pensons que le renforcement de notre région avec cette collectivité unique permettra de défendre efficacement nos intérêts et de développer des relations fortes et de confiance avec les régions frontalières. »
 
Des « contre »
 
Eric Elkouby (PS) : « Alors que le Gouvernement annonce l’Acte III de la décentralisation en renforçant les régions et les métropoles, l’Alsace, plutôt que de s’inscrire dans la dynamique républicaine, souhaite faire cavalier seul. C’est bien là la réalité. Bien-sûr, certains n’ont qu’une seule ambition, c’est de laisser un nom dans l’histoire locale, mais la démarche peut être particulièrement dangereuse car résumer la situation à : « Si tu aimes l’Alsace, tu votes oui ! » c’est donner un blanc seing à un projet prématuré. »


Jean-Jacques Gsell s'inquiète de la localisation ailleurs qu'à Strasbourg du siège d'un futur conseil unique.



Anne-Pernne Richardot dénonce la précipitation avec laquelle Philippe Richert (UMP) présente le projet de conseil unique.



Raymond Ruck (CGT) : « La CGT Alsace appelle les salariés à réfléchir et à ne pas se laisser abuser par cette nouvelle collectivité dont personne ne connait  les compétences et les moyens propres à les financer. On nous réclame un chèque en blanc. Quel peut-être l’intérêt pour la région Alsace de faire cavalier seul alors qu’un acte III de la décentralisation est en cours de discussion dans le cadre national ? Ce projet soumis à votre approbation n’est qu’un cheval de Troie. Salariés, lors de la consultation référendaire le 7 avril pour défendre vos droits sociaux le vote efficace c’est le vote non. »
 
Martine Binder (FN) : « Je ne peux cautionner un leurre car il n’y aura ni efficacité supplémentaire, ni économie d’échelle. Depuis le début, ce projet n’a qu’un seul maître mot : « renforcer ». Mais à vouloir tout rationnaliser en instituant une grosse structure, on s’invente des besoins pour rivaliser avec plus grand que soi. Des bureaux se constituent, des secrétariats se développent et les frais de communication explosent. La fusion est une fausse bonne idée car je crois plus en l’efficacité de petites et moyennes qu’à celle des très lourdes qui réclament toujours plus de moyens. »
 
Nicolas Chevalier-Roch (Collectif J’aime l’Alsace, je vote non) : « Le projet est loin d’atteindre les objectifs d’amélioration du fonctionnement de nos collectivités locales que ses instigateurs se sont pourtant fixés et nous promettent allégrement. Alors qu’ils déclarent – haut et fort – qu’ils feront d’innombrables économies avec cette réforme, elles ne représenteront – de leur propres estimations – que des pacotilles. Ce projet entrainera aussi une perte d’efficacité et de proximité de la prise de décision. Là où on aurait pu espérer une cantonalisation d’une partie de la politique régionale on aura une régionalisation de la politique cantonale. Ce passage de la prise de décision à la strate territoriale la plus éloignée du terrain rendra aussi la prise de décision beaucoup plus lourde qu’aujourd’hui. A la fois le nombre de décisions à la charge de l’Assemblée d’Alsace sera multiplié par trois par rapport aux collectivités qui existe. »




Franck Dudt (DVG) : « L’imprécision du projet sur lequel les alsaciens seront amenés à ce pro- noncer m’inquiète et explique mon engagement dans cette campagne. En tant qu’élu municipal, mais également en tant que cadre en charge des finances dans une commune rurale, j’ai peur que le flou qui entoure la CTA ne conduise à de fortes difficultés financières pour les communes. La fusion de la Région Alsace et des départements permettra-t-elle le maintien des subventions pour financer les projets locaux ? J’en doute et aucune réponse n’est sur la table pour me rassurer. »
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